Quels sont les choix stratégiques à opérer en politique sociale, compte tenu, d’une part, des données démographiques à notre disposition et, d’autre part, du contexte budgétaire actuel ? En ce qui concerne les pensions, Frank Vandenbroucke plaide en faveur d’une évaluation méticuleuse des possibilités et des limites d’une « stratégie d’épargne », d’une part, et d’une « prolongation de la carrière professionnelle », d’autre part. Il ébauche les contours d’une réforme réaliste du régime de pension. Cette réforme doit également être située dans le cadre plus large des choix à opérer aux différents niveaux de pouvoir. A cet égard, les questions suivantes se posent : dans quelle mesure la politique sociale peut-elle faire face, tant au « principe d’assurance » qu’au « seuil de protection minimum » ? Comment trouver un équilibre entre les trois fonctions centrales d’un Etat-providence moderne : « protection du revenu », « soins » et « investissements en capital humain » ? Quelles sont, à cet égard, les missions essentielles du pouvoir fédéral, d’une part, et des Régions et Communautés, d’autre part ?

Frank VANDENBROUCKE est licencié en sciences économiques (KUL, 1978) et a poursuivi ses études à Cambridge, UK (1981-1982) et à la Oxford University (1996-1999), où il a obtenu un doctorat sur la base d’une thèse intitulée “equality, incentives and responsibility”.
Il a commencé sa carrière comme assistant de recherche au « Centrum voor Economische Studiën » et comme cadre du service d’étude du SP. En 1985, il a été élu député. Il fut chef de groupe à la Chambre, président de parti, ministre fédéral des Affaires sociales et des Pensions (1999-2003) et ministre fédéral de l’Emploi et des Pensions (2003-2004). Ensuite il fut vice-premier ministre du Gouvernement flamand et ministre flamand de l’Emploi, de l’Enseignement et de la Formation (juillet 2004-juillet 2009). Il est actuellement député flamand (juillet 2009 - ) et exerce également des activités universitaires à la KUL, l’UA et la VUB.

La discussion sera introduire par Pierre PESTIEAU.

Pierre PESTIEAU a obtenu son doctorat en économie de l’Université de Yale. Apres avoir enseigné a l’Université de Cornell, il est devenu de 1975 à 2008 professeur d’économie, à l’Université de Liège. Il est depuis 2008 professeur émérite. Il est aussi membre du CORE et membre associé du PSE. Il est en outre CEPR et CESIfo fellow. Actuellement, il est coéditeur du Journal of Public Economics et éditeur associé des revues Economica, Finanzarchiv,et Journal of Public Economic Theory. Ses principaux sujets d’intérêt sont l’economie publique, l’économie de la population et la sécurité sociale. Il a récemment publié « The Welfare State in the European Union, Oxford University Press, 2005 et « Social Security and retirement », MIT Press, 2005.